Crépuscule rustique

Crépuscule rustique
*

La profondeur du ciel occidental s’est teinte
D’un jaune paille mûre et feuillage rouillé,
Et, tant que la lueur claire n’est pas éteinte,
Le regard qui se lève est tout émerveillé.

Les nuances d’or clair semblent toutes nouvelles.
Le champ céleste ondule et se creuse en sillons,
Comme un chaume, où reluit le safran des javelles
Qu’une brise éparpille, et roule en gerbillons.

Chargé des meules d’ambre, où luit, par intervalle,
Le reflet des rayons amortis du soleil,
Le nuage, d’espace en espace, dévale,
Traîne, s’enfonce, plonge à l’horizon vermeil.

Mais l’ombre, lentement, traverse la campagne,
Et glisse, à vol léger, au fond des plaines d’or.
Septembre, glorieux, derrière la montagne,
A roulé, pour la nuit, le char de Messidor.

Nérée Beauchemin

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s