Vielle à roue

J’ai croisé cet été à Dinan, place des Merciers dans la vieille ville médiévale, un musicien assis par terre qui tirait quelques sons doux et agréables d’un instrument caractéristique du folklore et de l’époque baroque. L’instrument est une vielle à roue, aussi appelée vielle aux dames. Il date du Moyen-Âge.
Sa première fonction est celle d’un instrument paysan servant à faire danser lors des fêtes villageoises : On danse musettes, branles et bourrées au son de la vielle. Puis, suite à un engouement entre 1725 et 1765, elle devient peu à peu un instrument de cour. On compose beaucoup pour la vielle, sa pratique s’intensifie. La facture de l’instrument évolue. C’est l’époque baroque et l’âge d’or de la vielle à roue.

En forme de guitare, la vielle possède 2 cordes mélodiques et 4 bourdons.
La tête est sculptée, elle représente une tête de femme grecque, qui me fait penser à Clio, la muse de la musique… C’est sur cette tête que sont fixées les chevilles qui servent à accorder les cordes. Puis vient le clavier où le musicien joue la mélodie sur les touches, à l’aide de sa main gauche. Main gauche qu’il peut laisser reposer sur le capot, amovible pour l’entretien des touches. Puis suit la roue, dissimulée sous le cache-roue en bois. Pièce-maîtresse de l’instrument, elle frotte les cordes qui vibrent et produisent alors chacune un son spécifique. La surface sur laquelle repose tout ce système se nomme la table d’harmonie. C’est elle qui transmet les vibrations des cordes à la caisse de résonance, la partie la plus imposante de l’instrument où le son se répercute et s’amplifie. Sur la table d’harmonie, se trouvent des ouvertures de chaque côté qu’on appelle les ouïes. C’est de là que sort le son que nous entendons. Bien-sûr, pour frotter les cordes, il faut tourner la roue ! Le musicien tourne la manivelle de sa main droite, dans le sens des aiguilles d’une montre, pour faire tourner la roue. Lorsque la roue frotte la corde, elle la met en mouvement, ce qui la fait vibrer et produire un son.

vielle 02

La vielle à roue est équipée de trois types de cordes :
Les cordes chanterelles sont les cordes mélodiques qui passent dans le clavier et permettent au musicien de jouer l’air de musique.
La corde trompette est actionnée au moyen d’un chevalet mobile. Lorsque la corde est frottée par la roue, elle se met à vibrer et produit un son. Lorsqu’on accélère la vitesse de rotation, l’amplitude du mouvement de la corde augmente, le chevalet mobile est entraîné lui-aussi dans le mouvement de la corde et vibre à la même cadence. C’est lui qui produit cette vibration caractéristique de la vielle à roue. Le musicien se sert de cette vibration pour créer un rythme en donnant des petits coups brefs sur la poignée de la manivelle. Il existe une multitude de ces « coups de poignets » .
Les cordes bourdons sont les plus graves. La note qui est jouée reste la même pendant tout le morceau, elle est réglée en fonction de ce morceau. Elle sert à l’accompagnement de la mélodie.

Nicole Pottier

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