A un papillon

A un papillon

Reste, oh ! ne prends pas ton essor ;
Laisse-moi t’observer encor,
Historien de mon enfance !
Sur la fleur que ton poids balance,
Reste, papillon gracieux.
Ta forme brillante et légère
Fait revivre devant mes yeux
Les temps morts et silencieux,
Mon père et ma mère !

Heureux, heureux ces jours lointains
Où, dans mes ébats enfantins,
Laissant loin ma soeur plus petite,
Je me lançais à ta poursuite.
Moi, je fondais en vrai chasseur
Pour te saisir, les mains cruelles ;
Mais elle — Dieu l’aime ! — avait peur
D’effacer ce duvet de fleur
Qui poudre tes ailes.

William Wordsworth

Traduction : Emile Legouis

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